• L'histoire du vilain petit canard

    Le vilain petit canard

     

    Il faisait très beau ce jour là. C'était l'été. Les blés mûrs étaient jaunes et les prés bien verts. À l'abri du soleil, sous un arbre, une cane était là, posée sur son nid, elle couvait. Elle commençait à trouver le temps long à rester toute seule assise sur ce nid. Enfin les oeufs craquèrent l'un après l'autre. On entendait "crrrac... crrrrac..." et les canetons, les uns après les autres, sortirent de leur coquille. Maman cane fit une rapide inspection de ses petits, puis de son nid, et là, que vit-elle? - Oh non! il reste encore un oeuf! Un oeuf n'avait pas encore éclos et restait dans le nid. Tout autour les petits canetons piaillaient mais maman cane décida de se remettre sur le nid pour couver ce dernier oeuf. Une vieille cane qui venait à passer par là s'approcha. - Que fais-tu encore à couver? Ne vois tu pas que tes canetons sont sortis? - Ils ne sont pas tous sortis, Dame Cane. Il m'en reste un qui prend son temps. - Montre-moi donc cet oeuf Et en regardant l'oeuf qui restait au fond du nid Dame Cane s'écria: - Oh ma pauvre, ce n'est pas un de tes oeufs celui-ci, c'est sûrement un oeuf de dinde! Laisse-le donc et va plutôt t'occuper de tes petits! - Oh, je vais encore attendre un peu. Il ne va plus tarder maintenant. - Comme tu voudras, dit la vieille cane. Et elle repartit. Enfin le gros oeuf creva! - Pip ! Pip ! fit l'oisillon en se dégageant de sa coquille. - Coin ! Coin ! fit la cane pour l'encourager. Lorsqu'il fut debout, la cane le regarda d'un drôle d'oeil. Il semblait qu'il était plus grand que les autres, et plus gris, et même, beaucoup plus laid! - Bah! ce n'est pas grave, se dit la cane, il ira à la mare comme tout le monde. Elle rassembla tous ses petits et les conduisit fièrement à leur première baignade. Ce jour là il faisait un temps merveilleux et le soleil brillait. - Un temps idéal pour aller à la mare, déclara maman Cane. Elle se mit en route suivie de toute sa petite troupe. Ils s'en allaient tous ainsi se dandinant et cancanant. Seul le grand gros gris vilain canard restait muet. Arrivée à la mare, maman Cane sauta à l'eau et à sa suite tous les canetons en firent autant, même le gros grand gris vilain canard! Ah qu'ils étaient beaux à nager et à plonger leurs petites têtes dans l'eau de la mare! Ah comme leur maman était fière de les voir ainsi déjà si habiles, même le gris grand gros vilain canard! C'était vraiment bien agréable cette baignade sous le soleil d'été! - Coin ! Coin! fit maman Cane, ce qui signifiait: "Allez les enfants, il est temps de sortir de l'eau!". Et, sans se le faire dire deux fois, tous les canetons obéirent à son ordre. - Coin ! Coin ! Coin! expliqua maman Cane, ce qui voulait dire : "Maintenant nous allons nous rendre à la basse-cour pour que je vous présente à tout le monde. Vous vous tiendrez bien j'espère! Surtout vous resterez près de moi et vous ferez très attention au chat! Il n'est pas vraiment méchant, mais vous êtes si petits..." Et voilà Maman Cane suivie de toute sa petite troupe sur le chemin de la basse-cour. Voilà toute la famille Canard qui arrive à la basse-cour, maman Cane en tête bien sûr. - Regardez qui arrive! Les nouveaux petits de madame Cane! Tous s'empressaient de venir voir de plus près à quoi ils ressemblaient. - Oh ! Comme ils sont mignons! gloussa une vieille poule. - Hé, pas si mignons que ça, cacarda l'oie, visez un peu celui-là comme il est laid! et disant cela elle s'approcha de lui et le pinça. - Laisse-le tranquille, dit maman Cane, il ne fait de mal à personne! - Non, peut-être mais il est très laid, caqueta une jeune poulette qui en profita pour lui donner un violent coup de bec au passage. - Ah oui, et même extrêmement laid, glouglouta le gros dindon à qui on n'avait rien demandé. Pauvre petit canard... et les jours qui suivirent furent encore bien pire pour lui à la basse-cour. Le pauvre vilain petit canard était décidemment trop malheureux d'être la risée de toute la volaille. Même ses frères et soeurs le poursuivaient en lui souhaitant d'être vite attrapé par le chat! Un beau jour il décida de partir loin de tous et il se dirigea tristement vers la forêt. Des petits moineaux qui le voyaient venir s'envolèrent. - Ah pour eux aussi je suis trop laid, soupira-t-il. Il resta ainsi toute la journée à errer dans la forêt. La nuit commençait à tomber lorsque deux canards sauvages s'arrêtèrent près de lui. - Oh qu'est-ce que tu fais là? demanda l'un d'eux. Lorsqu'il tourna la tête pour lui répondre, le canard sauvage s'écria: - Ah! mais tu es le vilain petit canard dont on parle dans la basse-cour voisine! Eh bien on ne m'avait pas menti, tu es vraiment laid! Les oiseaux sauvages passèrent la nuit près de lui mais dès l'aube ils s'envolèrent. PAN! PAN! Ce sont les coups de fusils qui réveillèrent le petit canard. Un jars sauvage tomba dans les roseaux. Les chasseurs et leurs chiens étaient là. Le pauvre petit canard n'osait plus bouger d'une plume. Le calme revint plus tard dans la journée et le caneton en profita pour changer de cachette. Ce serait plus prudent. Il arriva à une petite cabane qui était habitée par une vieille femme, son chat et sa poule. La poule, le voyant s'avancer, alla à sa rencontre et lui demanda: - Est-ce que tu sais pondre? tandis que le chat, arrivant en même temps, le questionna: - Est-ce que tu sais ronronner? - Non, non, répondit le petit canard, mais je sais nager! - Nager!? Quelle bien étrange idée, s'écrièrent ensemble la poule et le chat. Mais cela ne te servira à rien. L'important c'est de pondre ou de ronronner, c'est tout! Repars d'où tu viens et vite! Une fois de plus le petit canard reprit la route Et bientôt l'hiver fut là. Un terrible hiver glacial durant lequel le pauvre caneton s'épuisa à lutter contre la neige, contre le froid, contre le vent. Enfin un matin le soleil redevint doux et presque chaud. Les alouettes chantaient. C'était à nouveau le printemps. Le petit canard tout heureux s'amusait à plonger dans l'eau encore et encore. Puis, sortant enfin sa tête de l'eau, il regarda vers le lac voisin. Là il aperçut trois beaux grands cygnes blancs. Les yeux pleins de tristesse et d'admiration il vola vers eux: "Tant pis s'ils me donnent des coups de bec. Je préfère encore être tué par eux que pincé et frappé par tous ceux de la basse-cour" Arrivant auprès d'eux, le petit canard penche la tête, prêt à recevoir leurs coups de bec, et, faisant cela, il aperçoit son reflet dans l'eau claire du lac. Il n'y voit plus l'image du vilain petit canard gris mais bien celle d'une beau grand cygne blanc. Les autres cygnes se sont approchés de lui et l'entourent. L'un d'eux vient même de son bec lui lisser ses belles plumes. La tête toujours penchée vers l'eau il entend encore des voix d'enfants qui crient: - Eh! Venez voir! Il y a un nouveau cygne! Il est encore plus beau que les autres, vite venez voir! Le vilain petit canard, qui n'était en fait qu'un petit cygne, était devenu un magnifique grand cygne qui se trouva une nouvelle famille.


  • Commentaires

    1
    flower-97
    Mardi 19 Février 2013 à 22:21

    c'est un très beau texte
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